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lundi 9 avril 2012

#35 "And so I got my banjo out, just sittin', catchin' dust, and painted right across the face 'Greenwich Village or Bust'."


Cultivant l'amour du sampling de qualité, Chinese Man (Chinese Man Records) est un collectif français de DJs aux sonorités hiphop puisant dans la world music, le funk, le reggae, la soul, le jazz et la dub en y saupoudrant des dialogues de cinéma et autres voix déformées au fil de l'instrumental.


S'opère alors un timing minutieux où s'entremêlent de plaisants airs populaires ou remis au goût du jour dans un triphop délirant mais maîtrisé jusqu'aux lives où le remix prime toujours entre un "Light my Fire" des Doors et un "It's bigger than hip hop" des Dead Prez à des rythmes d'une folie effrénée. (@Dour 18/07/09)

Remix : "Pudding à l'arsenic" ("Astérix et Cléopâtre" 1968) / "The Message" de Gandmaster Flash

Quelques plages sonores : "Indi Groove" "Skank in the air", "Washington Square", "I've got that tune" (sample de "Hummin' To Myself" de The Washboard Rhythm Kings) , "Ordinary Man", "Jumpin in Havana", "Miss Chang" (feat. Taiwan MC & Cyph4), "Racing with the Sun", "Saudade" (feat. Femi Kuti & Liliboy), etc...

lundi 19 mars 2012

#19 "-Basketball is like poetry in motion, cross the guy to the left, take him back to the right, he's fallin' back, then just "J" right in his face. Then you look at him and say : -What?"


Une atmosphère pesante règne chez les Shuttlesworths depuis que le père Jake (Denzel Washington) est revenu de cabane (une bien sombre histoire que celle du meurtre de la mère) une semaine et même plus à la condition d'influencer tant bien que mal le choix d'université de son désormais distant fils Jesus (Ray Allen), nouvel espoir charismatique qu'observe la NBA, dans le but de satisfaire les rangs de l'équipe fétiche du gouverneur, un choix cornéspikeleeun en quelque sorte.

S'opère alors à dans ce film "He got game" (1998) une douce symbiose de la caméra et du ballon valsant sous la musique tantôt classique de l'orchestre d'Aaron Copland, tantôt hiphopé de Public Enemy, le tout véhiculant une positivité esthétique couplé à l'émotion suscité par l'état d'une relation père-fils sous énormes pressions, Spike Lee est tout simplement un homme qui a su rendre hommage à ses passions tout en entretenant l'idée d'un changement progressif de l'humanité.

"Now the question is : -Are you ready, for the real revolution which is the evolution of the mind?"
Flavor Flav


évident sample de "For what it's worth" de Buffalo Springfield.

vendredi 16 mars 2012

#16 "Cash Rules Everything Around Me"


Back in the days, novembre '93 sort le premier album du collectif Wu-Tang Clan, véritable bombe musicale en direct du zoo de Brooklyn où des rappeurs ninjas deviennent incontrôlables et balancent des mots tranchants comme des shurikens dans les oreilles du quartier puis des States, pendant que leur essaim d'abeilles tueuses se met à envahir le monde jusqu'au fatal échec et mat, les disciples ont enfin dépassé les anciens maîtres dans le maniement du braquage sonore.


Composé des MCs GZA, Method Man, Ol' Dirty Bastard, Raekwon, Ghostface Killah, Masta Killa, Inspectah Deck, U-God et RZA, c'est ce dernier qui s'occupera en majeure partie de la production dans un crew prolifique où tout le monde se fera un nom en solo, bien plus méritant que sur leur casier judiciaire et finement plus personnel qu'une vulgaire carte d'identité.




Quelques plages sonores : "Rainy Dayz", "Tearz" (avec un sample de "After Laughter" de Wendy Rene), "Liquid Swords", "Whatever", "Shimmy Shimmy Ya", etc...

jeudi 15 mars 2012

#15 "Comment mépriser l'argent quand tu n'en as pas, le crime est un piège mon dieu j'ai mordu l'appât !"



Plus qu'un simple duo de MCs, Lunatic représente l'extrême dualité de propos d'un rap tantôt raisonné, à la vision lucide et placide sous la plume pieuse d'Ali, tantôt fou et brutal sous la plume sale de l'animal galeux du Sénégal, j'ai nommé Booba.




Quelques plages sonores : "La lettre", "L'homme de l'ombre", "Ma définition", "Le souffle", etc...

#13 "So, what separates us from the rest of the animal kingdom? What makes us so different? We're the only species who put our own kind in cages."


Aux antipodes de la cité d'émeraude d'un certain magicien se dresse la forteresse de pierre "Oz" (1997-2003) de Tom Fontana, sinistre théâtre où se joue perpétuellement la tragédie humaine avec des prisonniers et des gardiens en guise d’interprètes.


Guidé par la narration d'Augustus Hill (Harold Perrineau Jr.), cette série nous plonge dans le quotidien d'une prison américaine avec ses clans, ses dominants, ses victimes, le tout dans une vraisemblance des plus terrifiantes, l'humanité de certains personnages comme l'avocat déchu pour quelques verres de trop Tobias Beecher (Lee Tergesen) nous poussant à s'en identifier et à subir avec eux ces épreuves scénarisées dont le goût oscille entre dope, sang, semence ou encore celui si fatal de la mort.

mardi 13 mars 2012

#10 "-You wanna boycott someone? You ought to start with the goddamn barber that fucked up your head !"

Les tensions s'intensifient dans le ghetto américain, vombrissant sous les basses de la chanson "Fight the Power" de Public Enemy et en proie à un déséquilibre oscillant entre racisme latent et capitalisme ambiant, toujours mêmes vecteurs de division des plus démunis.


Profondément ancré dans cette volonté d'une évolution des mentalités vers une meilleure condition des afro-américains, Spike Lee signe ici "Do the Right Thing" (1989), un de ses films les plus revendicatifs toujours à une époque où souffrance est synonyme d'inspiration, parallèlement à la déferlante Hip Hop en pleine recherche de sa représentation cinématographique.


Ainsi sous des airs de comédie dans un quartier aux individus stéréotypés et aux dialogues des plus vivants, l'ambiance générale se dégrade assez vite et confronte les résidents au choix résumé sur les phalanges de Radio Raheem, jusqu'à questionner le spectateur sur la portée de la décision finale de Mookie alias Monsieur Lee.

dimanche 11 mars 2012

#6 "Les questions importantes doivent être traitées légèrement. Celles sans importance doivent être traitées sérieusement."

Avec pour source les pensées samouraïesques de Jōchō Yamamoto (compilées dans l'ouvrage "Hagakure" début XVIIIe), l'assassin au cœur d'or incarné par Forest Whitaker évolue lentement mais sûrement dans les quartiers de New York, observant les gens de son pigeonnier d'où il reçoit les désirs de vengeance d'une mafia qui va bien vite le considérer comme trop dangereux...


"Ghost Dog : The Way of the Samuraï" de Jim Jarmusch (1999) nous plonge dans le profond combat de l'homme pour ses valeurs, tout en s'imprégnant des cinémas western et gangster sous influence du soleil levant, et crée l'esthétique par association d'oxymores dans une moderne métropole où Ghost Dog se sent plus proche du naturel par l'animal et son désir de liberté.

Sous couvert de cadrages flous et de fondus-enchaîné, l'ambiance du long-métrage est également soutenue par la bande-son résolument hiphop de RZA du Wu-Tang Clan dans une symbiose à l'image, mariant par le rythme une inspiration new-yorkaise et orientale pour notre plus grand plaisir de soif culturelle.

#5 "Jamais dans la tendance mais toujours dans la bonne direction !"


Collectif composé des rappeurs Fabe, Koma, Mokless, Morad et Haroun, la Scred Connexion sévit depuis bientôt 15 piges dans le hip hop céfran avec une intensité rarement vu en concert pour un si petit prix (@GrandMix 10/03/12 avec DJ Simsima aux platines), leur fameux slogan aura marqué les esprits de génération en génération, ainsi que les valeurs profondes, pieuses et humanistes qu'ils véhiculent en marge d'une industrie froide et sheitanesque.




    Quelques plages sonores : "La créature de rêve", "Remballe", "La routine", "Loin des rêves", "Le rap dans l'sang", "Sur scène", etc...

    vendredi 9 mars 2012

    #3 言わぬが花 (Iwanu ga hana) : Les mots qu'on n'a pas prononcés sont les fleurs du silence

    Déjà plus de deux ans que le grand Nujabes s'est éteint.


    Producteur & DJ de renom, on lui doit une poignée de perles sonores sorties sur le label japonais Hydeout Productions, avec de nombreuses collaborations (CYNE, Substantial, Uyama Hiroto, Apani B, Terry Callier, Five Deez, Shing02, Funky DL et même C.L. Smooth sur l'album posthume "Spiritual State").

    N'oublions pas non plus sa participation à la bande-son du somptueux anime "Samourai Champloo" de Shinichiro Watanabe accompagné de Force of Nature, Fat Jon (des Five Deez) et Minmi. Il faut savoir qu'il existe là un improbable mais savant mélange entre animation, hiphop, japon médiéval et road movie, donnant goût à un délicieux anachronisme où le mouvement du sabre est sans cesse mis en relation aux scratchs endiablés.


    Mais bien au delà des mots, rarement musique n'aura été aussi synonyme d'émotion, de vivacité et de sérénité d'esprit. Un travail de sampling hors paire, un mastering des plus fins, des MCs au flow si smooth, et l'on se retrouve face à une oeuvre qui laisse sans voix, gloire à la vie, la messe est dite.


    Répandez la bonne parole mes jazzys apôtres !

    mercredi 7 mars 2012

    #1 "Et j'expire histoire d'être fly, décollage Icare Airline"

    Ouais vous l'aurez d'viné d'après le titre, ce blog est porté sur des bribes de culture qui m'passionnent, qui pourraient bien violenter vos p'tites têtes avec du six lettres : talent.


    Pas mieux comme dirait Ahmad, rappeur montpelliérain à la plume planante nous ayant déjà régalé de trois galettes aux fines herbes sur le Label No-Y, ambiance ensoleillée avec la fraîcheur de l'ombre des pyramides en ces périodes clonesques.


    Le putain de poète a partagé le mic avec pas mal de monde du style Sako des Chiens de Paille ("Hôtel Bilderberg") ou bien le Pop Dan des Sages Po dans de chics clips quasi cinématographiques !


    D'autres plages sonores : "Big Ben" (avec Lartizan du LZO Records à la prod), "Il neige éternellement", "La berceuse babylonienne", "Mon polo" (avec un sample de "Retour aux pyramides" des X-Men), "Restons debout", etc...

    édition du 07/04/12 : L'artiste signe chez LZO, ça sent l'élaboration d'album tout ça!