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lundi 9 avril 2012

#35 "And so I got my banjo out, just sittin', catchin' dust, and painted right across the face 'Greenwich Village or Bust'."


Cultivant l'amour du sampling de qualité, Chinese Man (Chinese Man Records) est un collectif français de DJs aux sonorités hiphop puisant dans la world music, le funk, le reggae, la soul, le jazz et la dub en y saupoudrant des dialogues de cinéma et autres voix déformées au fil de l'instrumental.


S'opère alors un timing minutieux où s'entremêlent de plaisants airs populaires ou remis au goût du jour dans un triphop délirant mais maîtrisé jusqu'aux lives où le remix prime toujours entre un "Light my Fire" des Doors et un "It's bigger than hip hop" des Dead Prez à des rythmes d'une folie effrénée. (@Dour 18/07/09)

Remix : "Pudding à l'arsenic" ("Astérix et Cléopâtre" 1968) / "The Message" de Gandmaster Flash

Quelques plages sonores : "Indi Groove" "Skank in the air", "Washington Square", "I've got that tune" (sample de "Hummin' To Myself" de The Washboard Rhythm Kings) , "Ordinary Man", "Jumpin in Havana", "Miss Chang" (feat. Taiwan MC & Cyph4), "Racing with the Sun", "Saudade" (feat. Femi Kuti & Liliboy), etc...

mercredi 4 avril 2012

#27 "-The more scribbled the name, the bigger the fame."


Jerry Lewis (lui même dans son premier rôle dramatique), fameux comique américain du petit écran, est souvent harcelé par des hordes de fans mais ce n'est rien en comparaison de sa rencontre forcée avec Rupert Pupkin (qu'incarne à merveille Robert De Niro pour son premier rôle comique), un humoriste raté y croyant dur comme fer et voulant à tout prix passer dans son émission.


Martin Scorsese dresse ici un sombre tableau de la célébrité télévisuelle avec des plans à hauteur d'homme retranscrivant au plus réel ce monde qui travaille tant son image, soulignant les dérives d'un star system quelque peu avant son apogée banalisée.

"King of Comedy" ("La valse des pantins" de 1983) se présente donc au cirque cinématographique comme le clown triste, celui qui oscille entre rire froid et gag violent, ne déplace pas des houles pour son show mais déclenche de francs applaudissements par un final nourri d'une controverse sur la réussite, ses routes et leur conséquences.

dimanche 1 avril 2012

#26 "-Once I got my driver's license, I started driving with my eyes closed."


Dernier jour sur les rails pour le cheminot bientôt retraité Odd Horten (Baard Owe), mais le voyage est loin de se terminer puisqu'il se permet de louper le retour et donc de quitter en beauté les œillères du convoi traditionnel en direction d'Oslo pour d'insolites aventures remplies de poésie...


La filée du train effleurant les paysages enneigés norvégiens s'immortalise dans la caméra de Bent Hamer sous le nom de "O Horten" ("La nouvelle vie de Monsieur Horten") à partir de 2007, représentant toute cette simplicité esthétique où la candeur du protagoniste apporte une légèreté plaisante amplifiée par les lointaines mélodies de John Erik Kaada du groupe norvégien Cloroform.

vendredi 9 mars 2012

#3 言わぬが花 (Iwanu ga hana) : Les mots qu'on n'a pas prononcés sont les fleurs du silence

Déjà plus de deux ans que le grand Nujabes s'est éteint.


Producteur & DJ de renom, on lui doit une poignée de perles sonores sorties sur le label japonais Hydeout Productions, avec de nombreuses collaborations (CYNE, Substantial, Uyama Hiroto, Apani B, Terry Callier, Five Deez, Shing02, Funky DL et même C.L. Smooth sur l'album posthume "Spiritual State").

N'oublions pas non plus sa participation à la bande-son du somptueux anime "Samourai Champloo" de Shinichiro Watanabe accompagné de Force of Nature, Fat Jon (des Five Deez) et Minmi. Il faut savoir qu'il existe là un improbable mais savant mélange entre animation, hiphop, japon médiéval et road movie, donnant goût à un délicieux anachronisme où le mouvement du sabre est sans cesse mis en relation aux scratchs endiablés.


Mais bien au delà des mots, rarement musique n'aura été aussi synonyme d'émotion, de vivacité et de sérénité d'esprit. Un travail de sampling hors paire, un mastering des plus fins, des MCs au flow si smooth, et l'on se retrouve face à une oeuvre qui laisse sans voix, gloire à la vie, la messe est dite.


Répandez la bonne parole mes jazzys apôtres !